DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES

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ON Tft..\nE -.tiî,-HriDT':T;EMrvT Pi:-* rM-iîj.îENS êtf.es de la KATTIRE , co^^àiJJKBÉs sou etv iioX-iiÊ-.rs, i>'.iF;;k3 l'état actuel de r; 03

CONNOIs-AKCRS, SOiT R.-LATIVEMENT A l.'uTIX-ITB Qu'eiST PEUVLiVT lETlr.ER /^ MEDECINE, l'aGRICULTV'RE , LE COMr-'.El'.CE ET LES AraS.

SUIVI D'UNE BÏ0GR.1PHÎE DES FEUS CÉLÈBKES NATURALiSTES.

PAR

Pluslearr, Professeurs 'lu Jardin du Roi et des principales Sodles i.^ Paiij.

TOMIi CJr

.TE- SEPTIEME,

VEA-YERS.

m

F. G- Levrault, Editeur, à STRASBOURG ,

et rue de la Harpe ^ N.** 8 1 . à PAPaS. Le Normai^t, rue de Seine, N.° B, à PARIS,

m

LIBRARY OF

1665- IQ56

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES.

TOME LVII.

VEA=VERS.

Le nombre d'exemplaires prescrit par la loi a été déposé. Tous les exemplaires sont revêtus de la signature de r éditeur.

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES

DANS LEQUEL

ON TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFERENS ÊTRES DE LA NATURE, CONSIDÉRÉS SOIT EN EUX-MÊMES, d'aPRÈS l'ÉTAT ACTUEL DE NOS CONNOISSANCES , SOIT RELATIVEMENT A l' UTILITÉ Qu'eN PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE ET LES ARTS.

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.

Ouvrage desliné aux médecins, aux agriculteurs, aux coramercans, aux artistes, aux tuanufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt à connoître les productions de la nature, leurs caractères génériques et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages.

PAR

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Écoles de Paris.

TOME CINQUANTE-SEPTIÈME.

F. G. Levkault, Editeur, à STRASBOURG,

et rue de la Harpe, N." 8 x , à PARIS.

Le Normant, rue de Seine, N.° 8, à PARIS.

1828.

Liste des Auteun par ordre de Matières.

Physique générale.

M. LACROIX , membre de l'Acaddmie des Sciences et professeur au Collège de France. ( L- )

Chimie.

M. CHEVREUL, Membre de l'Académie des sciences, professeur au Collège royal de Cbailemagne, C^e. )

Minéralogie et Géologie.

M. AtEs.ND. BRONGNIART, membre de l'Académie royale des Sciences, professeur de Minéralogie au Jardin du Koi. ( B. )

M. BROCHANT DE VILLIERS, membre de l'Atadémie des Sciences. ( B. de V. )

M. DEF RANGE, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( U. F.)

Butanique.

M. DESFONTAINF.S, me des Sciences. (Uesf. )

M. DE JL'SSIEU, des Sciences, prc

abre de l'Académi

nbre de l'Acadé Jardin du Roi. (J.)

W. MIRBEL, membre de l'Académie des Sciences , professeur à la Faculté des Sciences. (B. M.)

M. HENRI CASSINI, associé libre de l'Aca- démie des Sciences, membre étranger de la Société Linnéenne de Londres. (H. Cass. )

M. LEMAN , membre de la Société pbilo-

ique

Paris. (Lei«,)

Zoologie générale, Jlnatomie et Physiologie. M. G. CUVIER, membre et secrétaire per- pétuel de l'Académie des Sciences, prof.au Jardin du Roi , etc. ( G. C. on GV. ou C) M. FLOURENS. (F.)

Mammifères. M. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, membre de l'Académie des Sciences , prof, au Jardia du Roi. (G.)

Oiseaux.

CKOIX, membre de (Cb. D.)

M. DUMONT DE s. plusieurs Sociétés

Reptiles et Poissons.

M. DELACÉPÈDE, membre de l'Académie

des Sciences , prof, au Jardin du Roi. (L.L.)

M. DUMÉRIL, membre de l'Académie des Sciences , professeur au Jardin du Roi et .i l'École de médecine. ( C. D.)

M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H.C.)

Insectes. M. DUMÉRIL , membre de rAr-adémic des

Sciences , professeur au Jardin du Roi et à

l'École de médecine (CD.)

Crustacés. M. W. E. LEACH , membre de la Société roy. de Londres, Correspond, du Muséum d'bis- loire naturelle de France. (W. E. L.)

M. A. G. DESMAREST, membre titulaire de l'Académie royale de médecine, profes- seur à l'école royale vétérinaire d'Alfort, membre correspondant de l'Académie des

Mollusques, f^ers et Zoophytes. M. DE BLAINVILLE, membre de l'Académie des Sciences, professeur la Faculté des Sciences. (De B.)

M. LOISELEîJR DESLONGCHAMPS, Docteur en médecine , membre de plusieurs Sociétés savantes. ( L. D. )

M. MASSEY. ( Mass. )

M. P01RF.T, membre de plusieurs Sociétés savantes et littéraires, continuateur de l'Encyclopédie botanique. (PoiR.)

M. DE TUS SAC, membre de plusieurs M. TURPIN, naturaliste, est chargé Sociétés savantes, auteur de la Flore des l'exécution des dessins et de la direction de Antilles. (De T.) la grav

MM. DE HUMBOLDT et RAMOND donneront quelques article» sur les objets nouveaux qu'ils ont observés dans leurs voyages , ou sur les sujets dont ils se sont plus particulièrement occupés. M. DE CANDOLLE nous a fait la même promesse.

M. PRÉVÔT a donné l'article Océan; M. VALENCIENNES plusieurs articles d'Orni- thologie; M. DESPORTES l'article Pigeon domeUÙ/ue , et M. LESSON l'article f/»^ier.

M. F. (2UVIER, membre de l'Académie des sciences, est chargé de la direction géné- rale de l'ouvrage, et il coopérera aux articles généraux de zoologie et à l'histoire des Juommifères. (F. C, )

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SCIENCES NATURELLES.

VEC

VeADO. {Mamm.) C'est l'un des noms que porte le cerf en Portugal. (Desm.)

VEAU. (Conchjl.) Nom marchand du conus vitulinus, Linn. (De B.)

VEAU. (Mamm.) Très-jeune animal de l'espèce du bœuf domestique. (Desm.)

VEAU AQUATIQUE. {Vers.) Ce nom a été employé pour désigner le dragonneau aquatique. (Desm.)

VEAU MARIN. {Mamm,) Ce nom a été donné par les marins et les habitans des côtes à presque tous les animaux du genre des Phoques, à cause de leur tête ronde et de leurs grands yeux; mais il doit être réservé particulièrement pour désigner le phoque ordinaire ou commun. (Desm.)

VEAU DE MER. (Mamm.) Voyez Veau marin. (Desm.)

VEBAR. {Mamm.) Nom arabe du lièvre , selon Gesner. (Desm.)

VEBERA. {Bot.) Voyez les articles Webera. (Lem.)

VECH. {Mamm.) Dénomination allemande qui se prononce l'ech, et s'applique à l'écureuil gris. (Desm.)

VECHIO. {Mamm.) Nom du veau en Italie. (Desm.)

VECKELEY. {Ichthjol.) Un des noms saxons de Yahlette. Voyez Able dans le Supplément du tome I.'' de ce Diction- naire. (H. C.)

57. a

2 VED

VEDEL. (Mamm.) Les veaux sont ainsi appelés dans le pa- tois languedocien. (Desm.)

VEDELA. {Bot.) Adanson a fait sous ce nom un genre du viscoides de Plumier, publié par Burmann, t. 268, fig. 5. C'est une espèce du genre Ardisia de Swartz, ou Anguillaria de M. de Lamarck, qui, dans ses Illustrations , a nommé cette espèce anguiUaria laurifolia. (J. )

VÉDÉLIE. (Bot.) Voyez Wedelia. (Lem.)

VÉDIANTIEN, Vediantius. (Conchyl.) Genre de coquilles nommé, plutôt qu'établi, par M. Risso (Histoire naturelle des côtes de Nice, tome 4, page 81), et qu'il caractérise ainsi : Coquille ovale; premier (dernier) tour despire très- grand, ventru, celui du sommet mamelonné; suture large, profonde; ouverture alongée; péritrème (j'ignore ce que c'est) nul, excepté à droite , il s'infléchit. Le fait est qu'à en juger d'après la figure, qui paroît exacte, la coquille qui constitue ce prétendu genre, est une agathine, si la columclle est tron-^ quée, comme elle semble l'être, ou une auricule , s'il y a un pli à cette columelle. Il se pourroit même, par un hasard singulier, que cette coquille ne fût qu'une simple variété de celle qui a servi à l'établissement, par le même auteur, d'un autre genre, sous le nom de Ferussacia. En effet, les caractères de ce dernier genre sont absolument les mêmes que ceux que nous venons de rapporter pour le Védiantien , presque avec la seule différence de la forme , ovale dans ce- lui-ci et alongée (M. Risso dit à tort turriculée) dans celui- là, ce qui a forcé les tours de spire , en même nombre , d'être plus aplatis dans le Férussacie que dans le Védiantien; mais l'un et l'autre ont fouverture alongée, le péritrème nul, ex- cepté à droite, il s'infléchit. Le Védiantien cristal, Vedian- tius crystalLus, lig. 24 , est du reste, comme le Férussacie de Gronow , Ferussacia gronowiana, fig. 27, vitré ou pellucide, très-luisant, couleur de corne, et ils se trouvent l'un et l'autre, pendant toute l'année, dans les fissures des rochers du Laza- ret de Nice. Le premier est cependant de moitié plus petit que l'autre. La coquille dont M. Risso fait encore un autre genre de même valeur, sous le nom de Pégée, P-'gea , d'après l'inspiration du docteur Leach , sous le nom tres-extraordi- naire de P. incarnate, P. carnea, fig. 29, puisqu'elle est, dit-

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il, d'un blanc d'ivoire, pourroit encore fort bien êlre de la même espèce que le Védiantien cristal et le Férussacie de Gronow. (De B. )

VEELA. {Bot.) Nom brame, cité par Rhéede , d'un mo- sambë , cleome pentaphylla. ( J. )

VEELVRAAT. {Mamm.) C'est le nom hoUandois du glouton. ( Desji. )

VEETLA-CAITU. (Bot.) Burmann cite cette pkinte du Malabar, mentionnée par Rhéede, comme une variété du cnmmelina cristata. ( J.)

VEGELIA. {Bot.) Necker nomme ainsi le wdgela de Thun- berg. (J.)

VÉGÉTAUX. {Bot.) Les végétaux ont été considérés sous divers rapports dans un grand nombre d'articles de ce Dic- tionnaire (voyez les mots Botanique, Méthode, Théorie fon- damentale, et tous les articles de physiologie végétale). Il reste maintenant, i.° à faire connoître leurs rapports av -r les autres êtres de la nature, et notamment avec les animaux, et 2.°, à donner un aperçu de leurs parties extérieures.

1.'' Rapports des végétaux avec les autres êtres. C'est une di- vision bien ancienne et qui, si nous en jugeons par nos pre- mières impressions , nous paroîtra d'une solidité inébranlable, que celle de tous les êtres en trois règnes : le minéral , le végétal et l'animal. Les minéraux, privés de la vie, augmen- tent en volume par superposition de nouvelles molécules. Les végétaux vivent, croissent, se propagent et meurent. Les animaux unissent à ces propriétés des végétaux, le sen- timent de leur existence. Sans doute, cette manière d'envi- sager les œuvres de la création , a quelque chose de simple et d'imposant ; mais si nous y réfléchissons, nous verrons bien- tôt que nous ne pouvons en faire une application rigou- reuse , parce que nous ignorons la sensibilité cesse dans l'immense série des êtres organisés.

Les modernes rejettent la division en trois règnes; ils ad- mettent deux grandes classes , celle des êtres organisés et celle des êtres inorganisés. Cette dernière classe embrasse toute la nature brute : les fluides, les gaz, les minéraux. Les molé- cules qui les composent sont soumises sans réserve aux lois de la chimie, de la physique et de la mécanique. L'autre

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classe renferme les végétaux et les animaux. Leurs molécules constituantes sont dans un perpétuel état de mobilité. Les parties organisées qui forment ces molécules sont irritables, c'est-à-dire, qu'elles sont susceptibles de se contracter par le contact de certains stimulans : propriété admirable dont nous apercevons les effets les plus manifestes, mais dont la cause première, que nous désignons sous le nom vague de force vitale, nous est tout-à-fait inconnue. Doué de cette propriété, le corps organisé résiste aux causes extérieures qui tendent à le détruire, rejette les substances inutiles ou nuisibles, choi- sit celles qui conviennent le mieux à sa nature, les associe et les dispose suivant les lois de l'organisation, leur commu- nique le mouvement dont ses molécules sont animées, accroît son volume, se développe et reproduit enfin des êtres sem- blables à lui-même ; car, à bien considérer les choses, la nu- trition et la génération sont deux modes du même phéno- mène. C'est donc l'irritabilité qui distingue à nos yeux les animaux et les végétaux de la matière brute. Quand l'irrita- bilité s'éteint, toute ligne de démarcation s'efface.

Les corps bruts se forment par la force attractive des élé- mens. Les corps organisés doivent la vie à des êtres de leur espèce. Les premiers cessent d'exister quand des forces chi- miques ou mécaniques, supérieures à celles qui retenoient leurs molécules unies, agissent sur ces molécules et les sépa- rent. Les seconds meurent quand les organes nécessaires à la vie perdent leur irritabilité.

Une comparaison rapide entre les végétaux et les animaux fera voir en quoi ces deux grandes divisions des êtres vivans se ressemblent ou diffèrent.

Le carbone, l'hydrogène, l'oxigène, et quelquefois l'azote, forment la base des substances végétales. On y trouve aussi , mais en moindre quantité , quelques oxides métalliques, quel- ques sels alcalins et terreux. Les matières animales offrent les mêmes composans. Une différence remarquable entre les deux classes, c'est qu'en général le carbone domine dans les plantes, et l'azote dans les animaux- Une substance homogène, transparente, flexible, incolore, quelquefois formant une masse dans laquelle l'œil, aidé des verres les plus forts, ne distingue aucune organisation, mais

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^lus souvent étendue en membranes et façonnée en tubes et en cellules, constitue le végétal tout entier. Les animaux d'un ordre inférieur, tels que les polypes, n'ont pas une organisation plus compliquée. Mais si l'on porte ses regards plus haut dans la chaîne des êtres, on découvre des animaux dont la structure est moins simple. Trois élémens organiques entrent dans leur composition : le tissu cellulaire, amas de cellules membraneuses et continues, dont les cavités commu- niquent entre elles par des lacunes ménagées dans leurs pa- rois; les fibres irritables, filets alongés, évidemment contrac- tiles, qui composent les muscles par leur réunion, et qui garnissent les tubes artériels et le canal intestinal ; la subs- tance médullaire, pulpe homogène, qui présente à l'œil armé du microscope une innombrable quantité de globules. Le cerveau, la moelle épinière, les nerfs, sont principalement formés de cette substance. Rien de semblable n'a été observé dans aucun végétal.

Les animaux, en général, sont pourvus d'un canal intesti- nal, ouvert le plus souvent à ses deux extrémités. Une ou- verture reçoit les alimens, l'autre rejette les matières inutiles à la nutrition. Le canal intestinal est garni, dans une partie de sa longueur, de pores qui absorbent- les molécules nutri- tives et les font passer dans le torrent de la circulation. Les plantes n'ont point de canal intestinal, et leurs pores absor- bans sont répandus sur toute leur surface ; c'est pourquoi Aris- tote et Boerhaave les appellent des animaux retournés. Ce ca- ractère de la présence et de l'absence du canal intestinal, le seul qui semble être exclusif, me paroît bien foible pour dis- tinguer les deux grandes divisions des êtres organisés. En effet, les polypes et la plupart des radiaires n'ont pour in- testins qu'un sac simple ou composé, à une seule ouverture, servant à la fois de bouche et d'anus ; et si l'on retourne le petit sac dont est formé tout entier le polype connu des na- turalistes sous le nom d'hydre, la surface extérieure, deve- nue la surface intérieure, remplit très-bien les fonctions de canal intestinal ; preuve certaine que les deux surfaces sont remplies de pores absorbans également propres à pomper les substances nutritives. En considérant la dégradation succes- sive des formes organiques, et jugeant de l'inconnu par le

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connu , il est naturel de soupçonner que tout vestige de canal intestinal finit par disparoitre dans les animaux infu- soircs*

Les plantes se nourrissent de substances inorganisées; elles absorbent, avec l'eau, les matières minérales, végétales et animales , que ce liquide tient en dissolution. Les parties vertes, soumises au contact de la lumière, décomposent l'eau et l'acide carbonique, rejettent l'oxigène de cet acide pres- que en totalité, et retiennent te carbone et les principes de l'eau avec un peu d'azote que les gaz et le liquide absorbé ont introduit dans le tissu. Elles s'assimilent ces substances, et leur donnent, pour un temps, les caractères de l'organi- sation.

Les animaux se nourrissent de végétaux ou d'animaux qui s'étoient nourris de végétaux : d'oîi il suit que le tissu animal se compose des mêmes élémens que le tissu végétal ; mais les proportions ne sont pas les mêmes, parce que les élémens rejetés ou fixés diffèrent par la quantité dans les deux classes; et, par exemple, pour citer le fait le plus notable, la respi- ration, sorte de combustion qui a lieu partout oîi les vais- seaux sanguins sont en contact avec l'air atmosphérique, en- lève sans cesse du gaz acide carbonique au tissu animal, tandis que le tissu végétal absorbe cette substance , et s'assimile le carbone. Voilà ce qui l'ait qu'en dernière analyse le carbone abonde dans les végétaux et l'azote dans les animaux.

Les sucs nutritifs pénètrent toutes les parties du corps orga- nisé et suivent des routes différentes, selon les espèces. Chez les quadrumanes et les oiseaux, les fluides enlevés aux ali- inens par les vaisseaux lactés, sont conduits par les veines, qui les portent au cœur, d'où ils passent dans les poumons, pour revenir de nouveau dans le cœur, qui les pousse dans un tronc artériel, lequel les distribue, par de nombreuses iirtérioles, à tous les organes. Une partie de ces fluides sert à la nutrition. Le surplus, résorbé par les vaisseaux lympha- tiques, grossit la masse du sang veineux et parcourt encore le cœur, le poumon et les artères. Celte circulation ne cesse qu'avec la vie. Chez les poissons, le sang se rend directement des branchies aux artères, sans repasser par le cœur. Chez les reptilçs, une grande partie du sang passe des veines dans

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les artères, sans même entrer dans les pbumons. Ainsi, le système de la circulation va se simplifiant jusqu'à ce qu'il dis- paroisse. Il n'en subsiste aucun vestige dans les insectes. Ces animaux n'ont ni veines, ni cœur, ni artères. Les fluides nourriciers traversent les pores du canal intestinal , abreu- vent le tissu organique et s'élaborent au contact de l'air in- troduit dans l'intérieur du corps par les trachées, espèces de vaisseaux pulmonaires qui s'ouvrent à sa surface. Le mode de nutrition des plantes parfaites diffère peu de celui-ci. La sève , balancée dans de longs tubes qui parcourent le vé- gétal, se répand de tous côtés, se porte à la superficie, ei particulièrement dans les feuilles, où, se mettant en contact avec l'air et la lumière, elle éprouve des décompositions et des combinaisons diverses, et acquiert les qualités nécessaires pour nourrir l'individu.

Dans les insectes , il existe au moins des organes pulmo- naires ; mais dans les animaux inférieurs, dans les polypes, par exemple, on n'aperçoit plus rien de semblable. La subs- tance dont ils sont formés est molle, homogène , souvent sans forme constante , et elle reçoit les matières nutritives par simple imbibition. Il semble que la nutrition s'opère de même dans les tremelles et autres plantes gélatineuses.

Le cerveau et les nerfs sont les organes de la sensibilité. L'opinion commune est que l'alliance des filets nerveux avec la fibre musculaire rend celle-ci irritable. On soupçonne que les nerfs dégagent quelque fluide subtil qui occasionne la contraction des muscles, et que l'émission de ce fluide ne peut avoir lieu que lorsqu'un stimulant agit sur les nerfs. Mais, quoique la sensibilité soit de toutes les causes d'exci- tation la plus puissante et la plus remarquable, il ne faut pas croire que l'irritabilité dépende de la sensibilité, car plu- sieurs mouvemens indispensables à la vie animale ne sont accompagnés d'aucune perception. Observons aussi que l'on connoît dans les animaux certains organes très -irritables, comme la matrice, par exemple, l'on ne découvre point de fibres; ce qui a fait dire à quelques physiologistes que les substances nerveuse et musculaire y existent dans une union intime. En partant de cette hypothèse , il faudroit admettre également que les deux substances sont confondues dans l2s

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animaux infusoires et dans les polypes, dont le corps gélati- neux, et néanmoins contractile , n'offre aucun indice de fibres et de nerfs. Mais si nous rejetons toute hypothèse hasardée , et que nous nous en tenions à l'examen pur et simple des phéno- mènes , que conclurons-nous P Que la présence des substances nerveuse et musculaire n'est pas indispensable à l'irritabilité. Je vais plus loin : toutes les parties susceptibles de dévelop- pement sont par cela même irritables, quoique leur contrac- lilité ne soit pas toujours manifeste; car la nutrition, ou la propriété qu'ont les corps vivans de s'incorporer de nouvelles molécules et de les assujettir aux lois de l'organisation , sup- pose de nécessité une force de succion qui attire les sucs nu- tritifs; or, comment expliqueroit-on la succion autrement que par la contraction et la dilatation alternatives des vais- seaux absorbansP Le phénomène de la nutrition est donc unp preuve de l'irritabilité; et puisque les plantes croissent, il est clair qu'elles se nourrissent et qu'elles sont irritables. D'ail- leurs plusieurs espèces exécutent des mouvemens très-visibles qu'on a tenté vainement d'expliquer par les lois ordinaires de la physique, et qui résultent , selon toute apparence, d'une contractilité analogue à celle de la fibre musculaire.

Si l'extrême simplicité de structure ne se trouvoit que dans les végétaux, il seroit facile de leur assigner un caractère distinctif ; mais, comme nous venons déjà de l'indiquer, les organes de la sensibilité et du mouvement volontaire subissent une suite de dégradations, et s'effacent enfin dans les espèces placées aux derniers degrés de l'échelle des animaux.

Les mammifères, les oiseaux, les reptiles , sont pourvus de deux systèuies nerveux qui communiquent ensemble par des ramifications, et cependant agissent séparément. L'un a pour tronc principal la moelle épinière renfermée dans le canal des vertèlircs ; l'autre est un réseau garni de ganglions, espèces de petits cerveaux situés avec les viscères dans les grandes cavités du corps. Le système de la moelle épinière est particulièrement affecté aux fonctions de la sensibilité et aux mouvemens volontaires ; le système ganglionique préside aux fonctions vitales intérieures, telles que la circulation, la respiration et autres qui dépendent de la vie animale et s'exécutent sans l'intervention de la volonté.

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Dans les vers, les insectes, les crustacés, les coquillages et les mollusques, le système de la moelle épinière manque; le ganglionique existe seul ; aussi la sensibilité de ces animaux paroît-elle infiniment plus bornée que celle des premiers. Ils n'ont point de centre commun pour les sensations, et dans plusieurs on peut, sans mettre la vie en danger, re- trancher quelque partie dont l'amputation seroit mortelle pour les animaux d'un ordre supérieur. Lorsque l'on coupe la tête d'un nereis ou d'un gordius, elle repousse sur le tronc. La partie postérieure du lombric se régénère de même. Chaque articulation du tœnia jouit d'une vitalité qui lui est propre. Ainsi déjà l'animal se rapproche de la plante.

Viennent ensuite les zoophytes , formés d'une substance molle et gélatineuse, sans la plus légère apparence de mus- cles et de nerfs. C'est dans cette classe que se range le po- lype, dont le moindre fragment reproduit un nouvel indi- vidu.

Comment jugeons-nous que ces êtres, qui n'offrent aucun vestige de l'organe de la sensibilité, ont des perceptions? Nous voyons qu'ils se meuvent, qu'ils saisissent de petits in- sectes, qu'ils semblent choisir leur nourriture; mais cer- taines plantes, à ne regarder que les apparences, se com- portent de la même manière. Y a-t-il quelque raison de nier que la sensitive et le dionœa soient privés de la faculté de sentir, et d'affirmer que cette noble faculté appartienne aux zoophytes ? Aucune, si ce n'est celle que fournit l'analogie. D'une part, considérant que les zoophytes exécutent des mouvemens tout-à-fait semblables à ceux qui résultent de la sensibilité dans les animaux visiblement pourvus de nerfs et de muscles , nous concluons que ces mouvemens ont la même origine; d'autre part, faisant attention que le petit nombre de plantes qui se meuvent comme des êtres sensibles, ont cependant les plus grands rapports de formes, d'organisation et de développement avec les autres plantes, qui, selon l'ordre de nos idées, ne doivent avoir aucune sensibilité, nous concluons que les mouvemens des premières ont pour cause une contractilité organique, indépendante de la vo- lonté et de la sensibilité. C'est tout ce que peut l'intelli- gence humaine pour éclairer des questions si délicates.

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Les divers modes de la génération unissent étroitement les plantes aux animaux. Des enveloppes plus ou moins dures et nombreuses; un embryon caché sous ces enveloppes; une petite provision de substance nutritive pour les premiers besoins, ces choses sont communes à la graine et à l'œuf. Si presque toutes les plantes ont des graines, presque tous les animaux ont des œufs; car on peut croire que les vivi- pares en produisent de même que les ovipares , mais qu'ils éclosent dans la matrice. Il est aussi des plantes dont la graine germe dans le fruit encore suspendu à la branche.

Beaucoup de végétaux n'ont point de graines. Beaucoup d'animaux n'ont point d'œufs. Les uns et les autres se mul- tiplient par extension et séparation naturelle de leur propre substance. Il se développe à la superficie externe ou interne de certaines espèces de polypes, >de petits tubercules qui grossissent, se détachent, et forment, tantôt près, tantôt loin de la souche principale, d'autres polypes, lesquels ne tardent pas à se multiplier par le même moyen. On croiroit voir une plante, une conferve , par exemple, se propager en donnant naissance à des tubercules.

Rien de plus curieux que la manière dont se régénèrent quelquefois ces petits vers aquatiques, que les naturalistes nomment nereis. Le corps de l'animal est alongé : à certaines époques il se partage dans sa longueur par des étranglemens; à chaque étranglement on remarque deux points noirs : ce sont deux petits ye:ix qui commencent à paroître. Les étran^ glemens deviennent de plus en plus marqués, et le corps de l'animal finit j)ar se séparer en plusieurs tronçons, qui sont autant de nouveaux nereis.

On sait qu'un polype coupé en plusieurs morceaux donne un égal nombre de polypes, et qu'une branche, ou même une feuille détachée, peut produire un arbre tout entier.

11 suit de la comparaison qui vient d'être établie entre les animaux et les végétaux, que ces êtres sont étroitement unis par les caractères essentiels de l'organisation; qu'il semble impossible de les distinguer par un trait prononcé qui appar- tienne exclusivement aux uns et aux autres; que la liaison des deux classes se montre surtout dans les espèces les moins parfaites, et qu'en général les différences sont plus uozal)reuses

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et plus marquées à mesure que l'on s'éloigne de ce point de départ; en sorte que les animaux et les végétaux forment deux séries graduées, ou, si l'on veut, deux chaînes ascen- dantes qui, partant d'un point commun, s'écartent l'une de l'autre à mesure qu'elles s'élèvent.

■j.° Aperçu des parties extérieures des végétaux. Il existe dans les végétaux , de même que dans les animaux , deux ordres d'organes, les uns nécessaires à la conservation de l'individu: telles sont la racine, la tige et les feuilles ; les autres néces- saires à la propagation de l'espèce; tels sont la fleur et le fruit.

La partie qui fixe les végétaux à la terre et y absorbe les sucs nécessaires à la végétation , est la racine. Cet organe ne manque presque jamais.

La tige part de la racine. Quelquefois elle rampe sur terre ou même reste cachée dans son sein ; plus souvent elle s'élève vers le ciel, soit par ses propres forces, soit en s'appuyant sur un corps étranger. Les divisions de la tige sont des bran- ches; les divisions des branches sont des rameaux.

Lorsque le végétal est privé de tige , les feuilles, les fleurs et les fruits naissent du sommet de la racine. Mais lorsque la tige existe , c'est toujours elle ou ses ramifications qui por- tent les feuilles, les fleurs et les fruits.

Les herbes ont en général des tiges molles, aqueuses, et de courte durée, qui fleurissent une seule fois et meurent ensuite.

Les arbres, les arbrisseaux, les arbustes, ont des tiges solides , ligneuses, qui fleurissent plusieurs fois et ne meurent qu'après un nombre d'années plus ou moins considérable.

De petits corps arrondis ou coniques, formés communé- ment de lames ou d'écailles minces, appliquées les unes sur les autres, se montrent chaque année dans nos climats froids et tempérés, sur les tiges, les branches et les rameaux des arbrisseaux et des arbres. Ils recèlent les germes des produc- tions des années suivantes, et les garantissent de l'intempérie des saisons. Ces germes et les lames qui les recouvrent sont des louions.

Les boulons des arbres et des arbrisseaux des contrées équinoxiales sont presque toujours dépourvus d'écailles. mais il est rare qu'ils soient absolument nus.

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Les racines qui survivent à la chute annuelle des tiges herbacées, et celles d'un grand nombre de végétaux à tiges ligneuses et par conséquent vivaces, produisent des boutons que l'on nomme tarions.

La hulbe ou l'ognon des lis , des aulx, des scilles , ne diffère pas essentiellement des turions.

Le bouton, commençant à se développer, devient un bour- geon, et celui-ci, en s'alongeant, devient une branche ou un rameau.

Les arbustes se distinguent assez nettement des arbrisseaux, parce qu'ils n'offrent point de boutons à l'époque la vé- gétation est suspendue. Mais les arbrisseaux ne diffèrent des arbres que par la foiblesse et le peu d'élévation de leurs tiges, caractères vagues, qui laissent souvent le botaniste in-- certain sur l'expression qu'il doit employer.

Les feuilles sont communément des lames vertes, minces, molles, de peu de durée, que Ton doit considérer à la fois comme des racines aériennes et comme des poumons propres aux végétaux, parce qu'elles ont plus qu'aucune autre partie la propriété d'absorber l'eau et l'acide carbonique de l'atmo- sphère, de décomposer l'une et l'autre, et d'expirer du gaz oxigène au contact des rayons de la lumière : elles sont sou- vent resserrées à leur base en une espèce de queue que l'on nomme pétiole, et sont accompagnées quelquefois de stipules, appendices semblables à de petites feuilles.

Les végétaux, comme tous les êtres organisés, donnent naissance à des êtres semblables à eux, et perpétuent ainsi l'ouvrage de la création. Cet important phénomène s'opère dans la plupart par le concours de deux organes, Vétamine et le pistil, que l'on assimile, non sans raison, aux parties mâles et femelles des animaux.

Les espèces dans lesquelles ces organes existent d'une ma- nière bien évidente, sont dites phénogames. Celles dans les- quelles l'existence de ces organes est plutôt soupçonnée que démontrée , sont dites cryptogames. Celles dans lesquelles on croit que ces organes n'existent pas, sont dites agames.

La présence d'une étamine ou d'nu pistil suffit pour cons- tituer la Jleur; mais elle n'est complète que lorsque les deux organes réunis sont environnés d'un double périanthe. Les

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personnes étrangères aux connolssances botaniques donnent exclusivement le nom de fleur à ces enveloppes qui se font remarquer souvent par la vivacité de leurs couleurs , l'élé- gance de leurs formes et la suavité de leurs parfums.

L'organe mâle ou l'étamine comprend trois parties ; le pollen, poussière composée ordinairement d'une quantité in- nombrable de vésicules remplies d'une liqueur fécondante ; Vanthère, sac membraneux qui contient le pollen et le répand au temps de la fécondation ; Vandrophore , support de l'anthère.

On retrouve l'anthère et le pollen, quoique sous des for- mes très- variées, dans toutes les fleurs hermaphrodites ou mâles. Quant à l'androphore, il n'existe pas toujours.

L'organe femelle, ou pistil, comprend quatre parties : les ovules, premières ébauches des embryons et de leurs tégu- mens ; l'o^'aire, cavité du pistil dans laquelle sont renfermés les ovules; le style, espèce de trompe ou de filet qui s'élève de l'ovaire; le stigmate, extrémité supérieure du style, par laquelle on soupçonne que la liqueur du pollen est absorbée.

Le style manque dans beaucoup d'espèces; les ovules, l'ovaire et le stigmate sont des parties essentielles qui ne man- quent jamais dans les plantes pourvues de fleurs.

Le périantlie est une enveloppe placée immédiatement an- dessous des organes sexuels. Il est continu avec le support de la fleur.

Dans beaucoup de végétaux le périanthe est simple; dans un plus grand nombre il est double , et alors sa partie ex- terne est le calice, et sa partie interne la corolle.

Le calice est presque toujours vert, herbacé et plus sus- ceptible de se dessécher que de se flétrir.

La corolle, à l'exception de la couleur verte, se teint de toutes les nuances. Elle est molle, aqueuse et fugace.

Quant au périanthe simple, tantôt sa substance ressemble à celle du calice, tantôt à celle de la corolle, et tantôt elle est mixte, c'est-à-dire, qu'elle participe de l'un et de l'autre par sa consistance et sa couleur.

Le périanthe simple est monosépale , lorsqu'il est d'une seule pièce; et polysépale, lorsqu'il est de plusieurs pièces. Chaque pièce prend le nom de sépale. Le calice modifié de la même manière reçoit les mêmes qualifications.

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La corolle est monopétale ou polypétale , selon Qu'elle est d'une ou plusieurs pièces ou pétales.

Le périanthe simple , aussi bien que le calice et la corolle qui forment le périanthe double , ofifrent , quand ils sont d'une seule pièce, le tube, qui est la partie inférieure; la gorge, qui est l'orifice du tube, et le limbe, qui est l'ex- pansion comprise entre l'orifice et le bord supérieur.

Chaque pétale d'une corolle polypétale a son onglet et s^ lame. L'onglet est la partie inférieure par laquelle le pétale est fixé; la lame est toute l'expansion supérieure.

La place sont attachés les organes floraux , se nomme le réceptacle.

Les fleors ont quelquefois des enveloppes accessoires; ce sont des bractées, petites feuilles qui diffèrent des autres, soit par leur consistance, soit parleurs formes, soit par leur couleur.

Les bractées réunies plusieurs ensemble en collerette, ati" dessous des fleurs, constituent Yinvoiucre.

On doit aussi considérer comme des bractées les spathes , enveloppes membraneuses ou même ligneuses qui environ- nent et cachent d'abord absolument une ou plusieurs fleurs, et ne les laissent voir que lorsqu'elles viennent à s'ouvrir ou à se déchirer.

Enfin , les petites écailles ou paillettes qui accompagnent les organes sexuels du blé, de l'avoine et autres plantes de la nombreuse famille des graminées, et qui prennent le nom de lodicules , de spathellules et de spathelles , suivant qu'elles sont plus ou moins rapprochées des parties génitales, ne sont encore autre chose que des bractées.

Le support d'une fleur solitaire et le support principal de plusieurs fleurs est un pédoncule, s'il part de la tige ou des rameaux, et une hampe, s'il part de la racine. Les pédiceller. sont les dernières ramifications d'un pédoncule commun à plusieurs fleurs, ou j si l'on veut, ce sont les pédoncules par- ticuliers de chaque fleur.

Après la fécondation, les styles, les stigmates, les étamines se flétrissent ou se desséchent; mais l'ovaire continue de se développer .- il prend le nom de fruit.

On distingue dans le fruit le péricarpe et la graine.

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Le péricarpe est la paroi de l'oVaire qui a changé de vo- lume, de consistance, et souvent même de forme, en mû- rissant. Il contient toujours les graines.

La graine est Tceuf végétal parvenu à sa perfection. Elle renferme sous une ou plusieurs tuniques séminales, ïemhrvon , germe précieux, dont l'existence assure la reproduction de l'espèce.

Le péricarpe est dur ou mou, sec ou succulent, simple ou composé. Tantôt il est d'une seule pièce et reste clos, tantôt il est de plusieurs pièces ou valves, lesquelles sont réunies par des sutures, jusqu'à la parfaite maturité, époque de leur séparation.

La cavité interne du péricarpe est souvent partagée en plusieurs loges par des cloisons.

La partie de la boite péricarpienne, chaque graine est attachée, est un placenta.

La réunion des placentas constitue le placentaire.

Le placentaire se développe quelquefois en axe, en co- lonne ou en columelle, en cône, en globe, etc., au centre du péricarpe; d'autres fois il s'étend en lames ou s'alonge en nervures sur la paroi ou sur la marge des valves ou des cloisons.

Souvent chaque graine est attachée à son placenta par l'intermédiaire d'un f unie ule, ligament qui a quelque analogie avec le cordon ombilical des animaux. Beaucoup de graines ont une, deux, et jusqu'à trois tuniques.

Une petite élévation quelquefois colorée, produite à la superficie des enveloppes séminales par le prolongement in- térieur des vaisseaux du funicule, est le pro s tjpê funiculaire.

La cicatrice qui paroît sur les graines après que le funi* cule s'est détaché, est le hile.

Enfin, la plupart des graines ont un périsperme , petite masse charnue, farineuse ou cornée, qui accompagne l'em- bryon et lui sert d'aliment au temps de la germination.

L'embryon est la première ébauche de la plante qui se développera un jour. On y distingue le blasfème et le corps cotylédonaire.

Le bl'istème comprend la radicule, petit bec saillant qui doit s'alonger en racine ; la plumule , bouton de feuilles à

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peine formées et souvent repliées sur elles-mêmes; le collet, partie intermédiaire entre la radicule et la plumule.

Le corps cotylédonaire est formé d'un, deux, trois, quatre et jusqu'à douze appendices plus ou moins charnus, qui nais- sent du collet. Ils ont reçu le nom de cotylédons ou feuilles séminales. Ces appendices ont des rapports frappans avec les feuilles.

L'absence, la présence et le nombre de cotylédons a fourni la base de trois grandes divisions dans le règne végétal , sa- voir ; les acotjlédons , végétaux privés de cotylédons; les mo- nocotjlédons , végétaux munis d'un cotylédon ; les die otylédons , végétaux munis de deux cotylédons ou plus.

En général , lorsque les feuilles séminales sont minces , l'em- bryon est accompagné d'un grand périsperme; mais lorsque ces feuilles sont épaisses, le périsperme est très -mince et même disparoît totalement, et la propre substance du coty- lédon en tient lieu. Mirb., Élém. (Mass.)

VÉGÉTAUX FOSSILES. (Foss.) L'histoire des végétaux qui , à diverses époques , ont été ensevelis dans les couches de la terre, la détermination de leurs rapports avec les plantes qui habitent encore notre globe , la manière dont les diverses formes végétales se sont succédé depuis les époques les plus reculées, nous trouvons des traces de leur présence, jus- qu'à nos jours , est certainement un des points les plus in- téressans de l'histoire de la nature. Aussi, depuis plus d'un siècle la présence de ces empreintes végétales dans différentes couches de la terre avoit attiré l'attention des savans , et le peu d'analogie qui existe entre la plupart de ces plantes et celles qui croissent dans nos climats , avoit frappé plusieurs observateurs. Antoine de Jussieu fut un des premiers à faire remarquer la différence qui existe entre les végétaux qui se trouvent dans les mines de houille et ceux qui croissent dans nos climats , et l'analogie qu'ils présentent au contraire avec ceux des régions équatoriales.'

Pendant le dernier siècle , plusieurs mémoires répandus dans les collections des académies, firent connoître quelques faits intéressans relatifs à ce sujet; d'autres auteurs, en traitant de

1 Mémoires de l'Académie des sciences ; 1718.

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l'ol-yctognosie des pays qui en renferment un grand nombre , en donnèrent des figures généralement fort imparfaites, tels furent Luyd , Mylius , Volkmann , etc. Parmi les botanistes, Scheuchzer fut le seul qui en fit une étude spéciale, et son Herbàrltim diltuianuin renferme des figures, souvent fort exac- tes , d'un assez grand nombre de plantes fossiles^ Mais l'état imparfait de la botanique et l'absence , on peut dire com- plète, de la géologie, faisoient de l'étude de ces fossiles une science sans intérêt et sans généralité: chaque savant ne pou- voit que donner des figures plus ou moins exactes des échan- tillons qu'il rencontroit, et fournir ainsi quelques faits isolés, sans liaisons et sans comparaisons. La botanique régie par des systèmes artificiels , à peine éclairée par l'anafomie végétale encore très-négligée, ne possédant sur la plupart des végétaux exotiques que des notions très- incomplètes , ne pouvoit pas conduire, dans la plupart des cas , à des déterminations même approximatives des débris imparfaits qui se rencontrent à l'état fossile. Même à présent que l'anafomie végétale a été l'objet des études de tant de savans , maintenant que la mé- thode naturelle, en groupant les plantes d'après l'ensemble de leurs i*apports, facilite de toute manière les détermiiui- tions de ce genre, nous sommes arrêtés continuellement par la difficulté même du sujet, qui dépend de l'état imparfait des échantillons fossiles , et de la connoissance incomplète que nous avons encore de beaucoup de végétaux vivans. Nous ne saurions donc avec justice reprocher aux savans du siècle passé, de n'avoir pas abordé un sujet aussi difficile que la dé- termination de ces fossiles.

Un assez long espace de temps, près d'un demi-siècîe , s'é- coula pendant lequel aucun travail important ne parut sur ce sujet; ce ne fut qu'en i 804 , que la Flore de l'ancien monde de M. de Schlotheim ' ramena l'attention des naturalistes sur cette branche des sciences. Des figures plus parfaites , des descriptions détaillées et faites avec la précision du style botanique , enfin quelques tentatives de comparaison avec les

1 Beschreibung merkwiirdiger Kriiuter- Ahdrûcke und Pjlanzen-f^er- itéinerungen ; ein Beitrag zur Flora der l^orwelt ,.von E. F. von Sclilot- ' beim. Gotha, J804.

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végétaux vivans, montrèrent que cette partie de l'histoire naturelle ëtoit susceptible d'être traitée comme les autres branches des sciences , et l'on peut dire que, si l'auteur avoit établi une nomenclature pour les végétaux qu'il a décrits , son ouvrage seroit devenu la base de tous les travaux qu'on a faits depuis sur le même sujet.

Malgré ce premier pas, l'histoire des végétaux fossiles resta encore slationnaire pendant quelques années, et on diroit que pendant ce temps les savans de l'Allemagne, de l'Angle- terre, de la Suède, de l'Amérique et delà France, dirigèrent en même temps leurs études sur ce sujet ; car dans l'espace de peu d'années on vit paroitre dans ces divers pays de nom- breux travaux sur les végétaux fossiles, tels furent en Alle- magne les ouvrages de MM. de Sternberg ' , Rhode * , Mar- tius ' , et les supplémens de M. de Schlotheim '* ; en Angle- terre , ceux de Parkinson ^ , de M. Arlis^, sans parler de plusieurs mémoires renfermés dans les transactions géologiques ou dans les descriptions de diverses contrées; en Suède les mémoires de MM. Nilson 7 et Agardh^; en Amérique, le grand mémoire de M. Steinhauer ''i en France, je pourrois citer quelques mémoires'" dans lesquels j'ai essayé de poser

1 l^ersuch ciner geognostisch-hoianischen Darstcllung der Flora der Vorwelt; 4 fa<c. iii-fol. Leipzig, 1820 1826. Ouvrage qui a été traduit en françois par ?tl. le comte de Bray ; c'est cette édition que je citerai Je préférence.

2 Rhode, Bejtrdge zur Pjlanzenkunde der Vorwelt.

3 De plantis nonnullis antediluvianis , ope specierum inter iropicos nunc viventium illustrandis. Ratishonee , 1822.

4 Pelrefaklenkunde. Gotha, 1820. Nachirdge zur Petrefaktenkunde.

5 Organic rernahis.

6 Antedilmian Phjtology. London , i825.

7 Sur les végétaux fossiles de Hôr en Scanie. Méni. de l'Acad. des sciences de Stockholm. 1820 , -vol. 2 , p. 284.

Sur quelques végétaux terrestres fossiles qui se trouvent dans le grès vert en Scanie. Mém. de F^cad. des se. de Stockholm. 1824. v. i , p. 143.

8 Mémoires de l'Académie des sciences de Stockholm. 1823.

9 Trnns. of the amer. Philos, sociely , tom. 1.

10 Sur